2011
Le décès de mon beau-père
Mon beau-père est décédé en 2011. Pour Maman, ce choc a tout déclenché. Les médecins ont expliqué après coup que la démence fronto-temporale dont elle souffrait était probablement latente depuis longtemps, mais que c’est ce décès qui l’a fait empirer.
La démence fronto-temporale est une maladie proche d’Alzheimer. Maman oubliait de plus en plus de choses, elle ne reconnaissait plus ses proches et était de moins en moins autonome.
2012
En 2012, j’ai subi un accident qui a provoqué la rupture du tendon et du nerf de mon pouce droit. J’ai été opérée trois semaines plus tard mais l’intervention a échoué, laissant mon pouce mort et déformé, sans fonction de pince. Suite à cela j’ai développé un syndrome douloureux régional complexe (SDRC) récalcitrant à l’épaule et à la main.
Fin 2013, dix huit mois après l’accident, j’ai été mise en invalidité alors que j’occupais un poste d’assistante de direction.2014
2014
L’état de Maman s’est détérioré pendant trois ans. Étant enfant unique, j’ai dû gérer tout cela seule.2015
2015
L’aide à domicile m’a convaincue que Maman ne pouvait plus vivre seule, et j’ai dû me résoudre à la placer dans un Ehpad spécialisé.2016
2016
Avril 2016 : je loue la maison
La maison est restée vide de 2015 à 2016 : je ne pouvais pas y vivre, et je ne pouvais pas la vendre tant que ma mère était encore là.
Une connaissance du village m’a parlé de sa belle-fille, qui cherchait une maison parce que son propriétaire vendait son logement. J’avais une maison vide qui m’attendait depuis deux ans, cette famille avait besoin d’un toit, j’ai trouvé que c’était une bonne idée pour tout le monde. J’ai donc signé le bail.
J’apprendrai bien plus tard, par une huissière, que le propriétaire n’avait jamais eu l’intention de vendre, et que les locataires ne payaient plus leur loyer là bas non plus !2018
2018
Je me suis toujours comportée comme une bonne propriétaire. Les locataires me signalaient des pannes, je les faisais réparer et je payais. En 2018, le chauffe eau, pourtant installé depuis deux ans déjà, tombe en panne. Ils l’avaient laissé en marche forcée depuis leur arrivée !
2019
En 2019, le sanibroyeur fait du bruit et un ami bricoleur trouve à l’intérieur une éponge en acier ! La chaudière tombe en panne la même année et je la remplace. Le réparateur signale que la carte mère de la chaudière était souillée d’urine d’animaux. Il refuse par la suite de revenir dans la maison à cause de son état d’insalubrité.2023
2023
En 2023, je change le sanibroyeur. Deux ans plus tard, ils me signalent que le moteur fait du bruit. Je fais venir un réparateur qui décide de le changer.
Pas une seule fois je n’ai eu d’informations concernant l’état de la maison. Les voisins, et les professionnels chargés des réparations ne m’ont jamais contactée pour signaler le moindre problème. Ils m’ont fait des attestations au moment du procès mais je n’ai rien su avant.2024
2024
Octobre 2024 : décès de Maman
En octobre 2024, Maman nous a quittés, et j’ai hérité de la maison.
Les locataires arrêtent de payer
Quelques retards de paiement se sont produits en 2018, régularisés par la suite. À partir d’octobre 2024, ils ont cessé complètement de payer leur loyer.2025
2025
Janvier 2025 : un notaire estime la maison
Pour estimer le bien, comme c’est l’usage après un décès, un notaire est venu visiter la maison le 30 janvier 2025. Il m’a dit n’avoir jamais vu un tel état : des excréments d’animaux dans la véranda, des sacs de déjections humaines dans des seaux dans la salle de bains, du linge entassé partout, une chaudière hors d’usage avec un trou important, une odeur très forte dans toute la maison. Le jardin était envahi de ronces, et une végétation invasive recouvrait la véranda jusqu’à gagner le toit de la cuisine et de la salle de bains.
Il a estimé que la maison a perdu 30 % de sa valeur. J’ai donc porté plainte et demandé leur expulsion et le paiement des loyers en retard.
Vous pouvez voir les images de l’intérieur de la maison et du jardin sur cette page.
Juin 2025 : l’arrêté d’insalubrité
Face à cette plainte, les locataires ont utilisé une méthode classique : signaler à la CAF que le logement n’est pas digne. L’ARS a visité la maison le 19 juin suivant et le mois suivant, la préfecture a pris un arrêté d’insalubrité, listant les travaux obligatoires pour le lever.
2026
Mai 2026 : je gagne mon procès
Après une longue procédure, marquée par des reports répétés de la part des locataires, le tribunal m’a donné raison sur l’ensemble des points : non paiement, dégradations, rupture de bail. Mais l’huissière a confirmé qu’ils sont insolvables. Le jugement a donc reconnu mes droits, mais je ne toucherai pas un centime. Les loyers impayés sont perdus à jamais, ils ne paieront pas mes frais de justice ni la remise en état de la maison.
Cette procédure m’a coûté 1200 euros en frais d’avocat, et 900 euros de frais d’huissier.
Aujourd’hui : je dois réparer leurs dégâts
J’ai deux enfants, Corentin et Mathilde, qui me soutiennent énormément, moralement et financièrement.
Pour lever l’avis d’insalubrité et remettre la maison en état, je dois la réparer par mes propres moyens, alors que je vis avec 1301 euros par mois, 417 euros une fois mes charges payées.
La facture des travaux s’annonce salée : plusieurs dizaines de milliers d’euros seront nécessaires, et de nombreux artisans devront intervenir, en électricité, en plomberie, en chauffage, en menuiserie, en peinture, en toiture, en sanitaires et en maçonnerie.
Il y a également des problèmes de nuisibles (souris et rats), et des mauvaises odeurs persistantes nécessiteront l’intervention de professionnels du nettoyage.
Je ne peux pas faire face à ces dépenses seule, c’est pourquoi je fais appel à votre générosité.